Autrefois, bêtes et gens vivaient en paix côte à côte, sans se gêner, jusqu'au jour où les premiers hommes cupides se sont mis à tuer les animaux pour vendre leur chair et leur
fourrure.
De nombreux castors, loutres, cerfs et bisons moururent. La situation devint si grave qu'un jour l'ours blanc convoqua les animaux à un Grand Conseil.
Ils voulaient se venger des humains, mais ils n'arrivaient pas à se mettre d'accord sur le meilleur moyen à employer. Les ours voulaient la guerre en agitant arcs et flèches Seulement, il leur
fallut constater que leurs longues griffes les empêchaient de bien tirer, Les oiseaux proposaient d’emporter au loin les tentes des méchants chasseurs. Le castor lui, estimait qu'il suffisait de
ronger le fond de leurs embarcations.
Les mouches, elles aussi, étudièrent le problème. Très excitées, elles bourdonnaient dans un tronc creux du voisinage. Quand plus personne n'eut d'idée nouvelle à présenter, la plus sage de toutes les mouches, se leva et prit la parole devant tous les animaux rassemblés :
« Nous allons demander aux Esprits d'envoyer la maladie aux hommes qui vous font du tort. Nous, les mouches, nous nous chargerons de répandre le mal.
La proposition ayant été acceptée, l'ours déclara que la séance était levée et tous s'en allèrent.
La maladie ne tarda pas à s'abattre sur les villages des hommes. Elle ne choisissait pas ses victimes, et s'attaquait à tous ceux qu'elle rencontrait. Désormais, plus personne n'allait à la chasse ! Couchés dans leurs tentes, les gens mouraient en grand nombre, les bons comme les mauvais.
Cela fit de la peine aux animaux, ils n'avaient pas souhaité que tous les Hommes sans distinction soient malades. Ils se mirent alors à réfléchir sur le moyen de les sauver, demandant l'avis de
chacun.
La solution vint d'un côté où on ne l'attendait pas : des plantes !
« Nous avons un pouvoir curatif ! Disaient les fleurs et les herbes de la forêt, comme de la prairie. Nous allons guérir les malades ! »
Apprenant cette bonne nouvelle, les hommes quittèrent leurs demeures et se dépêchèrent d'aller cueillir le thym sauvage, la
centaurée, les feuilles de fraisier, la racine de fougère et toutes sortes d'autres herbes, espérant que ces simples leur rendraient la santé. Et quand ils hésitaient sur la plante à utiliser
contre une certaine maladie, les bons esprits dissimulés dans les fleurs leur murmuraient à l'oreille ce qu'il fallait choisir.
C'est ainsi que fut découverte la médecine. Les hommes avaient-ils compris que, dans la nature, la moindre petite chose peut être utile ?


